L'Allée des Arts du Barcarès

Le Musée des Sables

La vocation artistique du Barcarès s’est révélée lors de la Mission Racine, sous l’impulsion de Gaston Pams et grâce à John Craven, fondateur du Musée des Sables.

Une quarantaine de jeunes artistes internationaux, dont la plupart sont ensuite devenus célèbres dans le monde entier, ont été sollicités pour participer à cette exceptionnelle aventure, la 1ère création de musée d’art public à ciel ouvert en France, à la naissance de l’art contemporain sous l’impulsion du « mouvement de la jeune sculpture », qui a d’ailleurs gardé cette appellation 40 ans après…

Ici même, et inaugurée alors par le ministre du Plan et de l’Aménagement du Territoire André Bettencourt, s’est élevée dès 1969 la plus vaste sélection au monde de sculptures monumentales contemporaines (de 3 à 20 m de hauteur) réalisées par des artistes aux noms souvent devenus aujourd’hui prestigieux : Sergio De Camargo, Ivan Avoscan, Peter Klasen, Gina Pane, Pierre et Vera Szekely, Costa Coulentianos, … et plus tard Yannis Gaïtis, Michel Guino ou Albert Féraud parmi tant d’autres.

Véritable forum mondial de l’art contemporain, le « plus long musée en plein air du monde », l’allée des Arts, voit le jour au début de l’été 1969, à la poupe du Lydia et au milieu de nulle part … ou plutôt entre le sable et la mer, sur une immense étendue encore déserte, devenue aujourd’hui le quartier de la Grande Plage.

En 1970, certaines des sculptures exposées ont été rachetées par la fondation, qui entreprend alors un chantier phénoménal.

Un symposium de huit totems, qui dans le projet initial devait être doublé, est commandé.

Zoom sur les Soleillonautes

Huit mastodontes de près de 10 tonnes chacun, en bois d’odouma et arrivant directement du Gabon, sont offerts aux artistes. Il s’agit de Moreels, Moon, Comby, Ung No Lee, Rossigneux, Dien Phung Thi, Yokoyama et Diska, qui ont été depuis, pour la plupart, mondialement reconnus. Ce bois, réputé imputrescible, a également la particularité d’une densité supérieure à 1, qui en fait un bois qui ne flotte pas.

Cet avantage comporte quelques inconvénients : après avoir fondu toutes les tronçonneuses fournies aux artistes, la SEMETA est obligée de commander des tronçonneuses plus puissantes aux Etats-Unis, pour venir à bout de ce matériau incroyable.

Les artistes, installés durant cinq mois au motel de La Presqu’île, vont passer leur printemps et leur été au mas de la Grêle, où leur chantier en plein air est installé sous un soleil de plomb. Dans une ambiance bon enfant et tout-à-fait cosmopolite, ils créent chacun l’œuvre la plus gigantesque de leur vie, un totem dédié au soleil.

Le symposium des Soleillonautes, plus connu ici comme « place des totems » sera achevé en septembre et installé sur une dalle de plus de 360m3 de béton. Aucun risque qu’ils bougent un jour !

Pour John Craven, ce Musée des sables et la ville de Port-Barcarès même, dans le prisme de ces années des projets les plus avant-gardistes, devaient « être conçus comme l’une des traces de l’homme du XXème siècle, une voie des Arts, pouvant s’aligner dans deux siècles ou dans cent, sur les vestiges d’Athènes, de Rome ou de Persépolis ».

Nul doute que ces Soleillonautes seront toujours debout dans quelques siècles, et donneront raison à John Craven, en attirant des milliers de touristes venus s’instruire sur ce passé peu ordinaire…

L’Allée des Arts du XXIème siècle

Un site exceptionnel

Port-Barcarès, du bout de son « plus long Musée en plein air du monde », misait en 1969 sur l’art contemporain et une position avant-gardiste. Par la suite, et devant diverses priorités, l’option artistique a été laissée de côté par les municipalités suivantes.

Aujourd’hui, il est de notre devoir de conserver et de réhabiliter ce musée unique, qui vient d’être labellisé Patrimoine du XXème siècle au même titre que le Lydia, pour son exceptionnalité.

Réhabilitation

Le « Lutin » de Viktor Roman a été restauré en 2007. La sculpture de Szendy « Le Roy » en maillechort exige d’être filetée avec des matériaux précieux et est actuellement en cours d’étude pour sa restauration sous la vigilance de l’artiste. La sculpture de Michaël Grossaert « Le Lieu-dit » devrait être prochainement réhabilitée.

Par ailleurs, deux nouvelle œuvres ont été achetées par la municipalité actuelle : celle de Patrick Chappert-Gaujal en 2007 et celle de David Vanorbeek, « Voiles jumelles » en 2010.

Ces œuvres ont pris deux des places malheureusement vacantes situées au milieu de l’Allée des Arts.

Informations, visite et signalétique

Une visite guidée en MP3 a été mise en place par notre Office du Tourisme, afin de permettre aux visiteurs de se renseigner sur les œuvres présentes.
Par ailleurs, une importante signalétique est prévue sur ce Musée des Sables, ainsi que des tableaux explicatifs, pour étoffer un dispositif culturel dans ce quartier que l’on peut désormais qualifier d’historique.
Téléchargez le fichier MP3 de la balade sonore de l’Allée des Arts

Renseignements

Maison des Arts
77-89 Boulevard du Grau Saint-Ange
Le Village
66420 Le Barcarès
Tél. : 04 68 80 55 02
maison-des-arts@portbarcares.com