Superbe hommage à Simone Veil

Le samedi 16 mars, la municipalité a rendu hommage à Simone Veil tout d’abord en attribuant son nom à une salle éponyme au cœur de l’Hôtel de ville, puis en lui consacrant une conférence en partenariat avec le Centre Méditerranéen de littérature

Un public nombreux a pu assister au dévoilement de la plaque inaugurale avant de prendre place dans la toute nouvelle salle Simone Veil. En ouverture de cérémonie, Joëlle Iglésias-Ferrand qui fut maire de 1999 à 2011 rappelait la genèse de ce projet dont elle est à l’initiative, dans le cadre des journées dédiées aux Droits des Femmes, et sa satisfaction de le voir enfin aboutir.
Lors de son allocution, elle souligna les faits marquants des combats portés par Simone Veil, notamment la loi de dépénalisation de l’IVG et l’importance de rester vigilant(e)s pour ne pas perdre ces acquis : « Elle a essuyé bien des affronts, subi bien des outrages, mais rien n’aurait pu faire reculer celle qui avait jadis survécu à la « Marche de la Mort ». Engagée dans toutes ses batailles pour le respect de la dignité humaine, J’espère que nos jeunes qui sont mobilisés ce soir, sauront faire fructifier son héritage, et construire l’avenir sur ses victoires ».

Après avoir conclu sur une note d’humour en offrant des fleurs aux messieurs, elle laissa la parole à Martine Gisolo-Angli, adjointe déléguée à la Jeunesse en charge de l’organisation de ces journées.
Cette dernière mit également l’accent sur les avancées que l’on doit à Simone Veil en matière de droit à la formation pour les adolescents ou encore en matière d’accueil des parents d’enfants hospitalisés.

Pour conclure ce court temps de parole officiel, chacun cita la femme de conviction et d’engagement que fut cette grande dame, tour à tour, magistrate, ministre d’Etat, ministre de la Santé, de la Ville des Affaires sociales, présidente du Parlement européen, présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, et bien-sûr, académicienne ! Le maire Alain Ferrand félicita chaleureusement les employés municipaux mobilisés pour la réussite de cet événement, et remercia les jeunes pour leur présence, rappelant leur mobilisation régulière notamment lors des cérémonies officielles.

Ce fut ensuite au tour de Jocelyne Sauvard de livrer à l’auditoire les détails de sa rencontre avec Simone Veil, et le fruit de son travail de fourmi, afin de réaliser cette biographie qualifiée de « la plus documentée qui soit » par Pierre-François Veil. « J’ai écrit en suivant le fil de la pensée, comme fonctionne la mémoire, en faisant des associations d’idées… ».
Elle a donc raconté la déportation de la jeune Simone Jacobs aux côtés de sa mère Yvonne et de sa soeur, puis son engagement tout au long de sa vie pour le respect des droits et de l’humanité, pour l’accès à l’éducation et à la formation : dans les prisons, les hôpitaux, et bien-sûr ses combats pour les femmes, avec la loi sur la dépénalisation de l’IVG.

C’est avec émotion qu’elle a répondu aux questions d’André Bonet, président du CML. Parmi les différentes interventions, celle de Philippe Benguigui, président de Zakhor Pour La Mémoire et délégué régional de l’association fils et filles des Déportés Juifs de France, relatant son premier voyage au camp d’Auschwitz-Birkenau, aux côtés du fils cadet de Simone Veil, Pierre-François Veil.

Fortement mobilisés, les jeunes barcarésiens, dont Audrey Baeyens, jeune maire junior, ont de nouveau montré leur implication ; sensible à la jeunesse, l’auteure a su capter leur intérêt.
Son envie de transmettre a d’ailleurs conquis l’auditoire, tous âges confondus. En conclusion, Jocelyne Sauvard, par ailleurs auteur pour le théâtre, a lu en avant-première une ode dédiée à cette grande dame à qui nous devons beaucoup, « déterminée, hésitante, belle, rebelle » : « Elle repose en paix Simone, sous la voûte de la crypte éclairée, et sa voix résonne … Elle est là, portant le regard sur l’Europe, elle qui pourfendit le viol comme arme de guerre, la première, et l’asservissement des femmes victimes de violences conjugales et de violences ordinaires, enfermées dans les prisons de pierre, d’interdit et de toile. Simone Veil est là … Elle n’a pas muselé la vérité …»

Au terme de ce beau moment, les échanges se sont poursuivis jusque dans la soirée, en parallèle des dédicaces des derniers ouvrages de l’auteure, dont des romans (Lou est aux Anges… ), ou encore des biographies comme « Jacques et Bernadette », « Léo Ferré », ou encore « Anne Sinclair, une femme libre ».

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